Reportage

De la fabrication de briques aux bancs de l’école

Mobilisé contre le travail des enfants, l’Unicef consacre chaque année la date du 12 juin à cette problématique. Pour l’édition 2011 de la Journée mondiale de lutte contre le travail des enfants, nous nous tournons vers le Pakistan, où des milliers d’enfants travaillent, ce qui compromet leur éducation et nuit à leur santé et à leur épanouissement physique, mental, social ou moral. Reportage.

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De la fabrication de briques aux bancs de l’école
Désormais, Nusrat ne travaille que quelques heures par semaine à la fabrique de brique, avec sa famille.
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Dans le monde, un enfant âgé de 5 à 14 ans sur six, (soit 150 millions d'enfants), doit travailler.

La CIDE reconnaît "le droit de l'enfant d'être protégé contre l'exploitation économique (...)".

Il faut éliminer le travail des enfants des enfants afin de réaliser le premier OMD (éliminer la pauvreté).

 

 

Dans la région de Lahore (nord-est du Pakistan, près de la frontière indienne), de nombreuses familles se trouvent en situation d’endettement causée par des années de conflits, des catastrophes climatiques (inondations notamment), l’augmentation des prix des matières premières et des denrées alimentaires de base… Pour faire face à cette situation, les parents sacrifient très souvent l’éducation de leurs enfants. Ces derniers sont mis à contribution pour subvenir aux besoins du foyer.

Comme beaucoup d’autres, Mohammad Kabir et sa famille travaillent à la fabrique de briques, dans la périphérie de Lahore. Ici, les conditions de travail sont très pénibles. La chaleur est étouffante, à cause de la fumée qui sort des fours où les briques sont cuites. Et la poussière qui circule ici alourdi l'air que l'on respire et dont on ne peut se débarrasser.

L’éducation pour tous

Mohammad a une fille de 14 ans. Elle s’appelle Nusrat et jusqu’alors, elle était employée comme domestique dans une maison du voisinage, pendant que sa famille travaillait à la fabrique de briques. Mais très vite, Nusrat a eu envie de s’instruire. « Un jour, j’ai demandé à ma patronne si elle pouvait m’apprendre à lire en lui proposant de travailler gratuitement en retour, mais elle a refusé », explique la jeune adolescente. « Je voyais les enfants de la maison revenir de l’école et j’espérais moi aussi pouvoir étudier un jour », poursuit-elle.

Aujourd’hui, Nusrat découvre tout juste la vie d’écolière. Elle fait partie des meilleurs élèves du centre d’éducation de Kherapul. Crées en 2008 par les partenaires locaux de l’Unicef, 16 centres de ce type sont aujourd’hui installés dans la région de Lahore et de Faisalabad. Ils ont pour objectif d’assurer un avenir meilleur aux enfants comme Nusrat. Pour l’Unicef et ses partenaires, il faut leur donner une chance d’échapper au cycle de l’endettement et de la pauvreté, en leur ouvrant l’accès à l’éducation et à une perspective professionnelle. Et à ce jour, ils sont 2350 à étudier dans ces centres.

Après seulement un an de cours, Nusrat est capable de faire un exposé toute seule. À présent, elle va à l’école tous les jours et elle ne consacre que quelques heures à la fabrique de briques pour continuer à aider sa famille. « Les parents ont compris l’importance de l’éducation », affirme un enseignant de l’un de ces centres. Parfois, elle consacre des soirées entières à apprendre à ses parents à lire et à écrire. « Je me sens mal à l’idée que je sais lire et pas eux », raconte-t-elle. Pour la plus grande fierté de ses parents, Nusrat est la première de sa famille à accéder à l’école. « J’ai travaillé toute ma vie, alors c’est une joie de voir ma fille aller en classe », comme le souligne son père. Et sa fille de poursuivre : «  Grâce à l’école, je pourrai trouver un emploi en dehors de la fabrique de briques », dit-elle enthousiaste.

Dans le but d’éradiquer le travail des enfants, notre organisation travaille étroitement avec le institutions pakistanaises pour promouvoir les droits de l’enfant. D’après l’Unicef, forcer un enfant à travailler nuit à sa santé, compromet son éducation et peut le conduire à d’autres formes d’exploitation et de maltraitance. Notre organisation n’est pas opposée au travail que les enfants peuvent effectuer, en vue de soutenir leur famille, tant que ce travail ne nuit pas à leur santé, à leur bien-être et à condition aussi que cela ne les empêche pas d’aller à l’école et de profiter de leur enfance.

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anonyme156857

Pour le bien des mineurs

L'enseignement obligatoire doit absolument mise en place dans le monde entier.
Au mois jusqu'à ce qui soient 15 ans.